Web 2.0 for ever

L'Après Web 2

François Laurent

Une contribution de François Laurent*

Après le Web 2.0, on aura … le Web 3.0 ! Puis le 4.0, le 5.0 …

Pour moi, il n’y aura pas d’après Web 2.0 – sauf pour les pubeurs et autres marketeux qui ont de la salade à vendre (ceux qui vont enterrer le marketing à force de prendre le consommateur pour un zombie).
Bien sûr, il y aura un Web mobile : il est d’ailleurs déjà en marche (mauvais jeu de mots) ; mais le Web mobile, avec son marketing de la géolocalisation, ne saurait être le successeur du 2.0 : juste une progrès technologique, ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

Les tenants de la Metaverse Roadmap ne jurent que par les univers en 3D, les petits fils d’un Second Life aujourd’hui plombé par des temps de réponse dissuasifs et un gigantisme disproportionné qui nous donne l’impression de toujours errer dans des espaces désespérément vides.

Mais les uns comme les autres, même si je comprends leur militantisme – et je crois dans les univers 3D, je les attends avec impatience ; le marketing mobile m’amuse beaucoup moins, je dois le reconnaître, son intrusivité me gêne énormément. Les uns comme les autres donc confondent avancées technologiques et progrès sociétaux.

Le Web 2.0 ne repose d’ailleurs pas vraiment sur des prouesses technologiques ; enfin, rien de comparable à faire entrer Internet dans un combiné téléphonique ou de construire de vastes univers en trois dimensions !

Par contre le Web 2.0 a totalement transformé notre société – enfin est en train de la bouleverser de fond en comble. Et la révolution est loin d’être achevée.

C’est quoi, le Web 2.0 ? De l’Ajax, des flux RSS ? Que nenni !

Le Web 2.0, c’est la possibilité donnée à tout un chacun de devenir acteur du Web.

Internet, c’est une machinerie formidable … mais dans sa conception initiale, Internet ne faisait que renforcer le pouvoir des acteurs traditionnels du monde politico-économico-médiatique : le Monsieur Tout Le Monde de l’ère pas si ancienne du Web 1.0 accédait à un flux gigantesque d’informations nouvelles, ce qui constituait déjà en soi un progrès incommensurable.

Mais il accédait : jamais il n’aurait pu – espéré, osé espérer – alimenter lui-même un jour les tuyaux.

Quand il voulait acheter un ordinateur, il pouvait en apprendre quasiment autant que les vendeurs ; puis également négocier les prix après s’être promené au hasard des comparateurs de prix. Et les distributeurs ont vu débarquer dans leurs boutiques des consommateurs d’un type nouveau, mieux armés, désespérément mieux armés et négociateurs en diable : j’ai alors utilisé le terme « d’empowered consumer ».

Quoi qu’il en soit, la communication demeurait verticale : les marques, les annonceurs, les médias au sommet … et la plèbe en bas. Certes, parfois, on la laissait s’exprimer … d’où le succès des premiers forums de discussion – à distinguer des forums techniques de type questions réponses. Mais dans un forum, on n’est pas vraiment chez soi.

Sur son blog, si : sans connaissances informatiques, sans argent non plus, le citoyen peut s’exprimer sans contraintes chez lui : un privilège jusqu’alors inaccessible.

Je ne referai pas ici le « tour complet du propriétaire » du Web 2.0 : du blog plus ou moins collaboratif au wikis et autres réseaux sociaux, s’installe un nouveau système communicationnel : le many to many remplace le one to many.

La démocratie s’installe sur la toile : contrairement à ce que d’aucuns prétendent, il n’est pas temps de tourner la page de Mai 68 : jamais l’esprit de 68 n’a été aussi présent. Mais évidemment, c’est diablement déstabilisant : car les politiques tout comme les marques y ont beaucoup à perdre.

Bref, la rupture « électronique » du Web 2.0 en recouvre une autre, bien plus importante : celle qui marque le passage d’une Civilisation 1.0 à une Civilisation 2.0 ! De l’oligarchie politico-économico-médiatique à la démocratie participative. Ou collaborative. Ou …

… ou à la démocratie, quand chacun peut s’exprimer, contribuer, créer.

C’est une page lourde de plusieurs centaines d’années qui se tourne : et certains oseraient penser qu’il suffit de miniaturiser un peu plus les terminaux Internet ou remplacer le graphisme actuel de nos interfaces par des avatars en 3D pour changer de numéro !

Quelle mégalomanie !

A la rigueur, parlez de Web 3.0 ou 200.0 si le coeur vous en dit ; la vraie vie – loin de la frime et de la pub – se chiffrera encore longtemps en 2.0 !

François Laurent

*François Laurent est co-président de l’ADETEM , créateur du blog Marketingisdead, il est par ailleurs auteur du récent livre « Marketing 2.0, l’intelligence collective » (M21 Editions-2008), voir interview ici : http://entretiens-du-futur.blogspirit.com/archive/2008/06/21/marketing-2-0-l-intelligence-collective.html

Comments

Excellent l’article, j’ai entendu dire ça aussi ici :
http://www.jamespot.com/s/17-Web.html

Écrit par : boorixus | 01/10/2008Denis Henri Failly

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