Une révolution du management, le modéle Google

71a70be4bbe637c9afaf2fcf5c5634c3.jpg

Une interview de Bernard Girard
pour la seconde édition de son livre :

Une révolution du management, le modéle Google
12 règles de management appicables à toutes entreprises
M21 Editions – 2008

Denis Failly – Bernard Girard, nous nous sommes déjà croisé il y a bientôt deux ans pour une interview à l’occasion de la sortie de la première édition de votre livre « Le modéle Google, Une révolution du Management », alors j’ai envie de vous demander de suite :
Quoi de neuf chez Google depuis deux ans, sachant qu’à l’échelle d’Internet, tout va très vite et c’est un laps de temps plutôt long riche en évènements ?

Bernard GirardBernard Girard - L’entreprise a grandi, augmenté ses parts de marché et sa domination sur la recherche sur les marchés sur lesquels elle était déjà dominante (USA, Europe) et elle progresse sur des marchés plus difficiles comme ceux d’Asie. Elle s’est imposée sur le marché de la cartographie à peu près inexistant, il y a trois ans, qui promet de devenir l’un des grands marchés de demain (la carte devenant une interface privilégiée pour un nombre croissant d’applications)

Denis Failly – La france, pays de Descartes, affectionne les chiffres, auriez – vous quelques ordres de grandeurs actualisés à nous donner concernant Google aujourd’hui ?

Bernard Girard - Je ne suis pas sûr que la France (et Descartes) aiment tant les chiffres que cela. Dans le cas de Google ils ont ceci de très particulier qu’ils sont très labiles. J’éviterai donc d’en donner de trop précis, ils seraient forcément faux.

On peut cependant dire :

  • que les effectifs ont fortement progressé, même si l’on devine que depuis quelques mois la direction a levé le pied sur les recrutements massifs
  • que l’action après avoir atteint des sommets est revenu à des niveaux plus « raisonnables » (si ce mot a, dans le contexte financier, le moindre sens),
  • que le chiffre d’affaires réalisé avec la publicité ne fait que croître et que l’entreprise ne parait pas aujourd’hui affectée par la crise
Denis Failly – Google s’est dotée de méthodes de management qui, prise dans leur globalité constituent un édifice bien particulier qui pourrait en inspirer d’autres pourriez vous nous en rappelez les principales composantes et en quoi sont-elles hors normes ?


Bernard Girard -
On trouve tout cela dans la nouvelle édition de mon livre dont je vous recommande la lecture. Il serait trop long de les détailler ici. Je voudrais simplement rappeler qu’ils ont innové :

  • dans le management de l’innovation et de la gestion des produits (avec la règle du couteau suisse, les petites équipes, le turn-over rapide des ingénieurs au sein de l’entreprise…)
  • dans le management des ressources humaines (avec notamment la règle des 20% et l’attention mise sur la réputation),
  • dans celui des relations avec les utilisateurs et les clients (automatisation des relations commerciales, mise à disposition des clients d’outils pour améliorer les performances de leurs annonces…)
Denis Failly – Le couteau suisse Google comme la dénommé en son temps (2002) Marissa Meyer est-il destiné à devenir une pieuvre et n’y a t-il pas un risque, si on prend l’exemple seul de la fonction moteur de recherche (consulté par réflexe par une majorité d’internautes dans le monde), que se développe une ressource unique google, source d’une sorte de pensée uniformisée Google et ce au détriment de la diversité des sources et des points de vue ?


Bernard Girard -
Je ne suis pas sûr de bien comprendre l’objection. Google donne accès à des documents, sans les sélectionner. Il y aurait pensée uniformisée si Google ne donnait accès qu’à une seule famille de documents. Google est une immense bibliothèque. On n’a jamais accusé les bibliothèques d’uniformiser la pensée. Elles font tout le contraire. Google aussi.

Denis Failly – A l’heure d’un Web à venir dit « sémantique » qui concerne donc directement l’accès et la recherche d’information, avez – vous des informations sur les projets de Google dans ces domaines et plus généralement quels sont les grands axes (technologiques, applicatifs…) vers lesquels s’orientent Google ?

Bernard Girard - Google a certainement des projets sur le web sémantique mais j’imagine qu’ils concerneront plus des problèmes sémantiques, comme la traduction ou l’aide à la rédaction que la recherche qui n’en a pas vraiment besoin.

Denis Failly – Enfin pour être en phase avec l’actualité récente, comment interprétez – vous le rapprochement de Yahoo avec Google ?

Bernard Girard - Ce matin la presse américaine parle de nouvelles négociations entre Microsoft et Yahoo! pour le rachat de ce dernier par l’éditeur d’Office. Les jeux ne sont donc pas faits. Il me semble cependant que le rapprochement de deux entreprises qui ont les mêmes forces (mail, finance, chat) et les mêmes faiblesses (la recherche) n’est pas une très bonne idée.

Denis Failly -  Bernard Girard je vous remercie

Quelques remarques:

1) Factuellement, Google n’est pas une bibliothèque.
Google est un index.

Un peu comme la carte d’un terrain – mais la carte n’est pas le terrain, et une carte a ses limites, ses erreurs.

Un site Web classique peut être proche du concept d’une bibliothèque, et c’est le WEB tout entier qui est un nouvel objet, (une hyper-bibliothèque notamment ? – mais pas seulement)

2) Le champ d’action de Google est limité pour plusieurs raisons. Par exemple du fait de l’existence d’une partie invisible du WEB, ou encore de parties visibles mais inaccessibles à ses programmes robots de collecte, sans parler de la péremption de l’index google.

Écrit par : Eko | 28/06/2008

Il se dit néanmoins aujourd’hui que les responsables de Google ont du mal à préserver la règle des 20% de temps laissé aux salariés pour mener leurs propres expériences et mettre en oeuvre leurs propres idées. Trop de projets en cours.
En fait, Google se « normalise ». Le récent départ de Sheryl Sandberg, un de principaux excutive de google, pour Facebook est un premier coup de semonce. Des jeunes programmeurs quittent aussi l’entreprise pour des start-ups 2.0 car Google, estiment-ils, a perdu sa dimension rebelle.
Cela dit, Bernard Girard a certainement raison quand il affirme que le modèle de management « à la Google » est le (un des) modèle(s) de gestion d’entreprise futur. Google reste une incroyable machine de guerre créative, pour longtemps encore sans doute.

Écrit par : Jean-Yves Huwart | 02/07/2008

Denis Henri Failly

QR Code - Take this post Mobile!

Use this unique QR (Quick Response) code with your smart device. The code will save the url of this webpage to the device for mobile sharing and storage.

facebooktwittergoogle_pluslinkedin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

HTML Snippets Powered By : XYZScripts.com