Pistes pour l’après Web 2

L'Après Web

 

David Fayon

Une contribution de David Fayon*

Avant de parler d’un « après Web 2 », il convient de revenir sur les trois périodes de l’informatique pour mieux comprendre les futuribles ou futurs possibles. En effet selon Nietzsche « L’homme de l’avenir est celui qui a la plus longue mémoire » et la transition pour chacune des périodes de la courte histoire de l’informatique a été marquée par un changement de paradigme comme l’illustre la figure qui suit :

Tableau Histoire de l'informatique

Il semble néanmoins évident que l’après Web 2 sera le paroxysme de l’« ère des données » dans laquelle nous sommes, et qui avec le caractère participatif du Web 2.0 et les outils qui les exploitent, prennent une importance considérable. Mais celles-ci seront qualifiées d’une façon intelligente pour permettre une exploitation facile. Une des difficultés actuelles est de trouver la donnée pertinente dans le flot considérable d’informations sur le Web. Aussi une des considérations souvent évoquées est celle d’un Web 3 qui serait un Web sémantique avec marquage intelligent des informations et des possibles recherches en langage naturel du type « J’aimerais partir en vacances cet été avec ma femme pour un budget inférieur à 2 000 euros pour 15 jours dans un endroit chaud ». L’intelligence collective y gagnera. Nous resterons avec les Web 2 et 3 pour longtemps dans cette exploitation des données car aujourd’hui toutes les potentialités du Web ne sont pas encore utilisées.

Une autre école de pensée pour le Web 3 est celle d’Internet des objets avec l’apparition d’une multitude d’objets communicants, souvent nomades, reliés à Internet. C’est la transition de « sur Internet » à « avec Internet », un monde où Internet est omniprésent : tableau de bord de son véhicule, domotique, vêtements connectés et plus généralement tout objet de la vie quotidienne, y compris des bornes publiques d’information. La généralisation du téléphone portable au quotidien (plus de 3 milliards dans le monde à ce jour) amène déjà certains leaders d’Internet à se positionner sur ce créneau comme Google avec son système d’exploitation Android, les publicités contextuelles sur portables représentant un enjeu commercial considérable. Une des questions est « Qui détrônera Google ou est-ce que Google a les moyens d’évoluer vers un après Web 2 ? » (avec une course permanente à l’innovation et le rachat de start-up prometteuses) sachant que précédemment IBM n’a pu conserver son rang avec l’avènement du logiciel et que Microsoft, à un degré moindre, a du mal à s’implanter de façon hégémonique sur le créneau du Web.

Au-delà de ces considérations, d’autres réflexions sont à garder à l’esprit. Car si l’on est dans l’ère des données, il ne faudrait pas hypothéquer les évolutions ou changements radicaux au niveau du matériel ou du logiciel.

Pour le matériel, la loi de Moore ou le doublement de la puissance des microprocesseurs tous les 18 mois pourrait ne pas être éternelle du fait des contraintes physiques d’une part et de pistes existantes dans le domaine de la recherche d’autre part. Elles redistribueraient les cartes. Ce sont les ordinateurs quantiques où le transport des données est effectué via des électrons. Les électrons seraient utilisés comme des bits quantiques et transiteraient un par un à chaque impulsion électrique. Le bit quantique (qubit) peut contenir 0 et 1 simultanément ce qui signifie que sa valeur peut être indéfinie, contrairement à l’informatique classique où le bit prend la valeur 0 ou 1 (http://www.atelier.fr//article.php?artid=34498&catid=26). Néanmoins le règne du silicium est si fort, à l’image du pétrole dans le secteur automobile, que tout changement radical rapide est peu probable.

Pour le logiciel, une évolution primordiale qui traduit le caractère collaboratif pourrait être la généralisation de la programmation parallèle et distribuée (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=43690), ce qui nécessite une adaptation profonde dans la façon de programmer notamment quant aux synchronisations entre tâches, ce qui induit une complexité pour les programmeurs.

Un autre changement est celui du « cloud computing » ou « informatique nuageuse » dans lequel la mémoire et les capacités de calcul des ordinateurs sont réparties dans des serveurs dans le monde entier. Les utilisateurs accèdent en ligne aux services sans se soucier de la gestion des versions ou des configurations, ce qui est plus simple en terme de maintenance notamment. L’accès pouvant se faire par un navigateur, ce qui explique le récent lancement de Chrome par Google.

Au niveau des protocoles du réseau Internet, les technologies post-IP avec les projets américains GENI (Global Environment for Network Innovations) ou européens TNF (The Network of the Future) marqueront une rupture par rapport aux protocoles IP et IPv6 avec entre autres un caractère adaptatif, l’intelligence dans la configuration et la consommation énergétique, etc.

À plus long terme, d’aucuns spéculent sur un Web 4.0 ou web neuronal. Mais là, on rejoint les thèmes de science-fiction.

Concrètement, en l’absence de rupture majeure, nous assisterons ces prochaines années à des évolutions et des innovations tout azimuts : révolution des usages car un des enjeux réside dans la lutte contre la fracture numérique et « l’alphanétisation » de la société dans son ensemble, décollage plus rapide entre innovation et commercialisation ou lancement des services, combinaison de techniques et d’outils existants à l’image des mashups, développement des techniques de reconnaissance des formes et de leurs applications, géolocalisation et ubiquité numérique, introduction du e-paper et des supports l’utilisant, massification d’outils faisant appel aux Web 3D et d’univers virtuels post Second Life (par exemple outil Yoowalk en France www.yoowalk.com) et développement d’univers virtuels avec des alertes sur des outils communicants pour mener deux vies de front.

David Fayon

David Fayon* vient de publier son 3ème ouvrage « Web 2.0 et au-delà » sous-titré « Nouveaux internautes : du surfeur à l’acteur », Economica-2008,  Préface de Pierre Kosciusko-Morizet, Postface de Guy Pujolle.
Site : http://david.fayon.free.fr Blog : http://livres-internet-web.over-blog.com

Denis Henri Failly

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