Sciences et Sens

Sciences et SensUne Interview de Marc Halevy pour les Entretiens du Futur

SCIENCES ET SENS

Qu’est ce que la matière ?
Qu’est ce que la vie ?, Qu’est ce que l’esprit ?

(Editions Marane, 2007)

Denis Failly – Marc Halévy, votre livre « Sciences et Sens » est construit autour de 3 questionnements : Qu’est ce que la matière ? Qu’est ce que la vie ? Qu’est ce que l’esprit ? L’ordre des termes à naturellement sa logique et correspond à une vision interdépendante et ascendante  en terme de complexité, mais poser ces questions n’est pas une démarche banale et résulte d’un cheminement qui, j’imagine, ne date pas d’aujourd’hui, alors pourquoi cet ouvrage ? Est-il un appel à la pause pour faire le point, réfléchir à demain, ou le lancement d’une sorte d’acte fondateur d’une philosophie pour penser le monde du 21 ème siècle et (inter)-agir sur lui ?Marc HalevyMarc Halévy – Ce petit livre est né d’une série de conférences et ateliers que j’avais conçus et animés pour le groupe Tétra. C’était pour moi l’occasion de donner une synthèse philosophique de mes recherches et enseignements en sciences de la complexité. Je pense, au plus profond, que les sciences classiques (analytiques, réductionnistes, mécanicistes, déterministes, matérialistes) sont dans une impasse et demandent à être dépassées. La complexité est partout et elle n’est jamais réductible à quelque élémentaire que ce soit : ni briques élémentaires, ni lois élémentaires. La physique classique explose de contradictions : la matière est devenue immatérielle car pur artifice mathématique …, le monde matériel visible ne représenterait plus que quelques pourcents de la masse totale d’un univers composé surtout d’énergie sombre, invisible, inaccessible …, notre univers serait lui-même tellement improbable qu’il a de forte chance de ne pas exister …, un univers régi par le hasard ne pourrait jamais engendrer les structures complexes que nous connaissons dans des laps de temps compatibles avec son âge actuel …Il ne s’agit pas de nier la science classique, mais d’acter ses limites et ses impasses. Il s’agit de la dépasser comme la physique quantique dépassa, naguère, la physique particulaire. Nous sommes devant ce que Kuhn appelait une « mutation paradigmatique » profonde, un peu comme si toute la science actuelle n’était qu’une toute première approximation d’une vision du monde bien plus large, profonde et complexe. Une nouvelle vision du monde est en émergence sur le terreau de la science classique. Ses langages (aujourd’hui essentiellement celui de l’analyse mathématique), ses critères de vérité (ou de non-falsifiabilité pour reprendre le mot de l’épistémologue Karl Popper), ses concepts fondateurs (qui, aujourd’hui, sont ceux d’énergie, d’espace et de temps, de force ou champ, etc …) seront tous différents. Si vous voulez une métaphore, je dirais que nous sommes au bout de la musique psalmodique ou mélodique et que nous sommes à l’aube de la musique polyphonique ou symphonique.Denis Failly – Comment Matière, Vie, Esprit, inscrits dans une trinité  indissociable (« trialectique »)  s’articulent-ils aujourd’hui en l’état actuel des connaissances, sachant qu’ils correspondent à des questionnements de tout temps (proche d’un : « D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? »). Après la matière et la vie, l’Esprit est-il l’ultime conquête (révolution noétique) à venir de l’homme.

Marc Halévy – La matière, la vie et l’esprit (la pensée) sont trois modalités complémentaires et consubstantielles du réel qui les porte. Plus précisément, ces trois modalités correspondent à ses trois propensions fondamentales qui sont la propension massique qui fonde le couple attraction-répulsion (le seul (re)connu par la science classique), la propension eidétique qui fonde le couple complexification-homogénéisation (à peine effleuré par la thermodynamique et la physique du chaos déterministe) et la propension téléologique qui fonde le couple intention-détermination.

Ajoutons à cela le fait que, contrairement à ce que présente la science classique, notre univers n’est pas un assemblage mécanique mais une émergence organique. La science classique se représente tout ce qui existe comme un meccano, un jeu de Lego où des briques élémentaires s’assemblent entre elles par des forces élémentaires, selon des lois élémentaires. Le réel est tout sauf cela. Il procède par émergence. Vous êtes le dernier bourgeon émergent de votre arbre généalogique : vous n’avez pas été fabriqué depuis l’extérieur en assemblant patiemment des atomes et des molécules (selon quel plan, d’ailleurs ? et par qui ?) vous avez, au contraire, émergé de l’intérieur au départ d’un ovule fécondé qui, comme toute graine, a germé, cru, grandit, jusqu’à devenir l’adulte que vous êtes.

L’univers a fait de même : il a fallu d’abord accumuler suffisamment de substance (la matière-énergie sous toutes ses formes) avant que la complexification ne puisse passer à la « vitesse supérieure » et dépasser les simples équilibres mécaniques pour ouvrir la voie aux homéostasies complexes de la Vie. Il a, ensuite, fallu que la Vie atteigne des niveaux supérieurs de complexité et de sophistication pour que l’intention puisse s’y exprimer sous la forme de pensée consciente (l’esprit).

Denis Failly – En quoi les Sciences de la complexité, dont vous pouvez nous rappeler les principaux concepts clés,  peuvent-elles nous aider à appréhender et comprendre le monde qui nous entoure et celui qui vient ?

Marc Halévy – Pour le dire d’un mot, la physique classique est une physique des objets et de leurs assemblages alors que la physique de la complexité est une physique des processus et de leurs émergences. Tout ce que nous voyons, mesurons, expérimentons n’est que la trace superficielle et figée des processus réels qui lui sont sous-jacents. C’est un peu comme si nous étions condamnés à ne pouvoir observer que les empreintes dans la boue pour tâcher de comprendre ce qu’est une harde de cerfs. La science classique étudie, avec force détails, ces empreintes, leurs formes, leurs différences, leurs distances réciproques, et elle tâche ensuite d’en inférer des lois de rapports quantitatifs entre tous ces éléments. Les sciences de la complexité ne s’intéressent guère aux empreintes, mais plutôt à la harde elle-même que ces empreintes révèlent. Mais cette harde est intangible, immatérielle, processuelle. Il faut donc procéder avec d’autres logiques de pensée, avec d’autres langages, avec d’autres méthodes : les philosophes taoïstes ou védantistes diraient qu’il faut atteindre le réel qui git sous les apparences.

Une autre métaphore : un film cinématographique est une succession de photos qui, déroulées à la bonne vitesse, donnent l’impression de mouvements continus. La science classique, parce qu’elle travaille par expériences successives, fait continuellement des arrêts sur image afin d’étudier, dans le moindre détail, tous les aspects de chaque photo et en inférer les « lois » de la prise de vue, des décors, du jeu d’acteur, des effets de lumière, etc … Les sciences de la complexité ne font pas d’arrêt sur image et ne s’intéressent pas aux détails photographiques ; ce qui les intéresse, c’est l’histoire que le film raconte. Cette mutation du regard est radicale. Et les deux regards sont mutuellement exclusifs puisque, par définition triviale, si l’on fait arrêt sur image, il est impossible de voir le film se dérouler. C’est la généralisation du principe d’incertitude d’Heisenberg qui disait qu’il est impossible de connaître à la fois la vitesse et la position d’un « particule » quantique : il est impossible de connaître à la fois l’histoire du processus (le déroulement du film) et les détails photographiques des objets (les arrêts sur image).

Denis Failly – Au niveau des organisations et des entreprises notamment, lorsqu’on emploie le terme « Complexité » (souvent confondu avec complication), on a le sentiment qu’il inspire de la méfiance, voire de la peur, à quoi peut-on attribuer cela : ignorance ? inculture transversale ? culte entretenu de la certitude et de la prévisibilité héritée d’une pensée réductionniste et mécaniste ?

L’approche de la complexité – trop souvent confondue avec « complication », vous avez raison et j’y reviendrai – implique un dépassement de la rationalité analytique et déterministe : elle oblige à un dialogue entre cerveau gauche (logique, analytique, quantitatif) et cerveau droit (analogique, globalisant, qualitatif). Or, la grande majorité des managers ont été forgés à l’enclume du cartésianisme. Ils vivent dans le quantitatif pur. Ils ont besoin de prédictibilité et de déterminisme pour pouvoir y appliquer leurs méthodes de planification et de budgétisation. Oui, mais voilà, un univers complexe comme celui de l’économie, de l’entreprise ou du management, est un univers largement imprévisible, chaotique, indéterminé où l’incertitude est partout et le mécanicisme nulle part. Le management est un art, pas une science. Les méthodes américaines du management rationnel ne sont opérantes que dans un monde stable, ordonné, prévisible, mécanique et structuré. Or, le monde réel, lui, est devenu largement instable, chaotique, imprévisible, organique et déstructuré, ce qui signifie que tout interagit avec tout, tout le temps, que tout est cause et effet de tout, que tout est à la fois autonome ET interdépendant : les méthodologies classiques ne s’appliquent donc pas à lui. Et cela fait paniquer nos gestionnaires professionnels qui voudraient tout ramener à des plans, des budgets, des procédures, des règles, des contrôles et des organigrammes. Il n’y a plus de place, désormais, dans les vraies entreprises, pour ce genre de bureaucratie. Place aux entrepreneurs-créateurs, un peu aventuriers, un peu artistes, un peu visionnaires : l’avenir est aux PME innovantes et dématérialisées, il n’est plus ni aux dinosaures industriels, ni aux mastodontes bureaucratiques, ni aux fantasmes boursiers.

La complexité n’est jamais la complication. La complication est la réponse erronée que les esprits inaptes à la complexité lui donnent. La bonne réponse à la complexité est la simplicité (qui n’est ni simplification, ni simplisme). La complication – comme celle des nos codes juridiques ou de nos procédures administratives ou des théories fumeuses de notre cosmologie classique – est toujours inefficiente et contreproductive. Mais l’art de la simplicité est un art difficile, exigeant une haute intelligence synthétique et une énorme puissance d’abstraction.

La complexité est caractérisée par trois fondamentaux irréductibles :

1- le tout y est plus que la somme de ses parties (donc impossible d’y être analytique sans anéantir ce »plus » essentiel),

2- les propriétés émergentes sont des propriétés dynamiques qui appartiennent au tout sans appartenir à aucune de ses parties (même remarque),

3- les structures organiques y sont plus permanentes que les constituants (par exemple, les 4 milliards de cellules qui vous composent, se renouvellent continuellement sans que votre corps n’en soit transformé).

Face à un problème complexe, la simplicité veut d’aller comprendre les trois fondamentaux de ce problème :

- quelle est son « plus » non analytique ?
- quelles en sont les propriétés émergentes globales ?
- quelles en sont les structures organiques ?

La complication, elle, résulte d’une tout autre méthode : elle décompose le tout complexe en ses parties constitutives, analyse chacune d’elle en détail et répond, point par point, à chacun des micro-sous-problèmes qu’elle croit y avoir détectés ; elle croit alors qu’en assemblant toutes ces micro-sous-solutions, elle obtient une solution complète adéquate. Rien n’est évidemment plus faux puisque, en découpant le tout en ses parties, elle a détruit l’essentiel : la globalité organique et les propriétés émergentes.

Une dernière remarque : parce qu’elle ouvre une infinité de degré de liberté, la complexité échappe au déterminisme mécaniste et offre, à chaque système complexe, une infinité de scénarii d’avenir parmi lesquels il devra choisir selon sa vocation profonde : l’avenir émerge du présent mais n’est pas déterminé par lui. Or, la complication, parce que mécaniste, n’offre qu’une seule solution à tout problème et ferme le champ des possibles qu’ouvrait la complexité. Cela explique pourquoi les complications inouïes de notre monde institutionnel sont totalement impuissantes et inefficaces face à la complexité croissante du monde réel.

Denis Failly – Marc Halévy, vous avez été un élève d’Ilya Prigogine (prix Nobel de chimie 1977), qui s’est intéressé aux structures dissipatives, à l’auto-organisation des systèmes, notamment dans leur émergence et leur irréversibilité (à l’opposé des fondements classiques de la thermodynamique). Que vous a- t-il transmis et que retenez-vous de sa pensée qui dépasse naturellement le seul champ de la recherche scientifique ?

Einstein, en grand héritier du mécanicisme de Newton qu’il était, a toujours refusé la réalité de la physique quantique. Jusqu’à sa mort, il a vainement tenté de saper les fondements non déterministes et non mécanicistes de la physique de Bohr, Heisenberg et Schrödinger. L’ironie est que ce sont les travaux d’Einstein sur l’effet photoélectrique qui ont ouvert la porte à la dualité onde-particule et a permis l’émergence de la physique quantique.

Il en va un peu de même pour Ilya Prigogine qui, grand pionnier, a élargi l’horizon de la science en abordant la complexité et en montrant que l’auto-organisation dans les structures dissipatives, n’était pas contradictoire avec le second principe de la thermodynamique. Mais Ilya Prigogine n’a pas voulu franchir le pas et remettre en cause le paradigme fondamental de la science classique. Il s’est arrêté à ce que l’on nomme maintenant l’étude du chaos déterministe. Il s’est arrêté à l’auto-organisation et n’est pas passé du côté de l’autopoïèse (Varela et Maturama) ; il s’est arrêté aux systèmes mécaniques chaotiques mais n’a pas voulu franchir le cap du concept d’intention ; il s’est arrêté aux systèmes quantifiables et analysables et n’a pas voulu aller jusqu’aux systèmes holistiques.

Ilya Prigogine reste un scientifique « classique » qui a été loin jusqu’à la porte d’un autre monde, d’une autre physique, mais qui n’a pas vraiment franchi le seuil. Comme Einstein, il fut un savant immense, un génie rare. Il a ensemencé bien des cerveaux – dont le mien – avec des graines magiques qui se sont révélé des pépites de l’or le plus pur. Il aura été, sans conteste, le marchepied de cette nouvelle physique qui germe aujourd’hui et qui, sans lui, serait restée lettre morte.

Denis Failly – Comment intégrez-vous dans vos réflexions les évolutions dans le domaine des TIC (notamment Web2.0, mondes virtuels) et sont-ils pour vous de simples épiphénomènes ou des éléments fondateurs de nouveaux paradigmes de la connaissance et d’une forme de néo-reliance ?

Un réseau complexe est un organisme vivant. Comme tel, il est travaillé par les trois propensions de base, par les trois forces vives d’expansion (la propension massique qui concerne la quantité, la taille, le volume), de complexion (la propension eidétique qui concerne la qualité, la forme, la complexité) et d’intention (la propension téléologique qui concerne la finalité, la vocation, le projet). Comme pour tout système complexe et vivant, la croissance d’un réseau passe par trois stades consécutifs : l’enfance où toute l’énergie vitale est investie dans l’expansion, dans la croissance ; l’adolescence où l’énergie vitale nourrit la complexion, l’apprentissage, le développement intellectuel et moral ; la jeunesse adulte où l’énergie vitale se concentre sur l’intention, le projet de vie, la procréation, l’insertion dans la vie réelle alentour. On reconnait là les trois stades de notre vie d’homme. On y reconnaîtra aussi, facilement, les trois stades de la croissance d’une entreprise. Un vaste réseau comme le Web n’échappe pas à la règle.

L’histoire du Web réel, aujourd’hui, est celle du Web 1.0 qui est une histoire d’expansion, de nombre de sites et blogs interconnectés sur le réseau Internet. Une histoire de croissance quantitative. Mais celle-ci a touché ses limites, pas tant quantitatives (il y a aura encore beaucoup de nouveaux sites et blogs) que qualitatives. Les sites et blogs médiocres, narcissiques, stupides, pornographiques font foison ; les pourriels (spams) constituent 73% des 80 milliards de courriels qui circulent chaque jour. La toile est aujourd’hui déjà trop polluée. L’expansion ne suffit plus. Les forces de complexion se mettent en place : c’est déjà la Web 2.0 qui devient beaucoup plus sélectif, cooptatif, qui chasse les spams, vers et autre virus avec énergie, en enfermant des sites entiers derrière des « murs de feu » infranchissables sauf par les élus dûment cooptés. Par ce fait, le Web devient une mosaïque de communautés fermées ou semi fermées connectées entre elles : un réseau de réseaux. Mais cela ne suffira pas. Sans force d’intention, sans projet commun, sans finalité définie, toute communauté s’étiole et disparaît : triomphe de l’éphémère, du volatil. Un exemple : la mode des blogs a déjà passé. Plus de 60% des blogs qui ont été initiés avec fièvre, n’ont pas résisté au temps : lassitude et médiocrité des visiteurs comme des fournisseurs de contenu ont eu raison d’eux. Les seuls blogs qui résistent et perdurent sont les blogs animés d’un vrai projet de contenu.

Je ne pense pas que ce soit la toile qui « fonde » un nouveau paradigme. Je pense plutôt que ce nouveau paradigme était latent et que l’émergence de la toile a permis son éclosion.

Contrairement à ce que croient les futurologues comme Joël de Rosnay et d’autres, l’avenir du possible ne se lit pas dans les innovations technologiques, mais dans les émergences comportementales. La technique – comme la politique – suit, mais ne précède jamais. Elle est une réponse qui suit la question sans jamais l’anticiper. Les inventions viennent toujours quand on a besoin d’elles : elles sont « dans l’air du temps ».

Quelques indications prospectives pour terminer …

Les sites d’entreprise deviennent déjà, et deviendront toujours plus, la vitrine centrale, stratégique de chaque entreprise. Le processus de vente s’inverse. L’acheteur reprend le pouvoir. Le vendeur bonimenteur – qui, étymologiquement, « ment bien » – est appelé sinon à disparaître, du moins à se transformer en conseiller technicien qui est là pour répondre, avec précision, clarté et compétence, aux questions que l’acheteur potentiel viendra lui poser. C’est l’acheteur qui devient le pôle proactif de la transaction ; le vendeur n’en est plus que le pôle réactif. Il doit être aussi disponible que discret et passif. L’ère du marketing et de la publicité, propres à la marchandisation de masse de l’économie industrielle, se clôt. Par parenthèse, cela signifie que les faramineux budgets publicitaires actuels vont se tarir et, donc, ne plus polluer nos espaces réels et virtuels de leur harcelante omniprésence. L’heure est aux investissements copieux en sites Internet impeccables et bien référencés, et à la production de contenu rédactionnel de haute qualité. Fin des annonces publicitaires et de la presse écrite. L’acheteur ne veut plus qu’on lui vende, mais il veut qu’on l’informe, fiablement, complètement, simplement. C’est lui qui cherche ; c’est lui qui questionne ; c’est lui qui choisit ; c’est lui qui décide. Vendeurs, taisez-vous !

Avec l’avènement de l’économie immatérielle (où la valeur d’un produit vient à plus de 80% des intelligences qui y sont injectées pour le concevoir et le commercialiser), le professionnel devient de plus en plus nomade : le lieu où il se trouve ne joue presque plus de rôle dans son activité. Son lieu réel d’efficience est le cyberespace : peu importe qu’il soit dans le TGV, à la terrasse d’un bistrot ou dans un bureau. Le Web évoluera donc en ce sens : chacun doit pouvoir s’y connecter partout, n’importe où, sans aucune difficulté ni technique (systèmes opératoires hyper-standards, hyper-simples et hyper-efficaces), ni financière (gratuité), ni administrative (déréglementation radicale).

Un dernier mot : nos langages sont faibles. Ils sont le plus souvent à une dimension (comme nos langues parlées et écrites, comme les mathématiques), parfois à deux dimensions (comme une image ou un graphe, comme la musique). Ils sont inaptes à représenter la complexité qui, elle, a un nombre infini de dimensions. Il nous faudra donc inventer des métalangages infiniment plus riches que ceux que nous balbutions aujourd’hui. C’est là un des grands défis qui se dresse, hiératique, devant nos petits cerveaux d’aujourd’hui.

Denis Failly – Merci Marc Halevy

Bio de Marc Halevy : Ancien élève d’Ilya Prigogine, Marc Halévy est polytechnicien, ingénieur nucléaire et docteur en sciences appliquées. Président du Groupe Maran (Accompagnement stratégique et managérial) et de l’Institut Noétique Europe (prospective et économie de la connaissance), il enseigne la « théorie des systèmes complexes » à l’Institut des Hautes Études de Belgique (ULB) et dans d’autres institutions. Marc Halévy est   l’auteur de plusieurs ouvrages dont Le grand virage des managersL’entreprise réinventée (Editions Namuroises, 2003) et plus récemment de L’Age de la Connaissance – Principes et Réflexions sur la révolution noétique au 21ème siècle (M21 Editions, 2005)

Site de Marc Halevy: Complexitude

Denis Henri Failly

QR Code - Take this post Mobile!

Use this unique QR (Quick Response) code with your smart device. The code will save the url of this webpage to the device for mobile sharing and storage.

facebooktwittergoogle_pluslinkedin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

HTML Snippets Powered By : XYZScripts.com